LE 105 DE REMY

Plus neuf que neuf !

 

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Le véhicule a été acheté neuf chez Dream Team Car qui en a assuré l'importation et l'immatriculation.

Texte et photos : Arys Panayotou

 

Exceptionnel ! c'est le premier mot qui nous vient à l'esprit lorsqu'on voit les véhicules de Rémy Chauvet. Passionné et passionnant, ce collectionneur hors du commun possède plusieurs Toy qui ont tous la même particularité : ils sont dans un état irréprochable et ils semblent tout juste sortis de concession. Le 105 que nous vous dévoilons aujourd'hui n'échappe pas à la règle : malgré ses 11 ans d'âge et ses 54 000 km au compteur, on a l'impression qu'il n'a jamais roulé... Enfant chéri des baroudeurs qui cherchaient un gros porteur sans électronique, le HZJ 105 a connu son heure de gloire dans tous les pays où l'on privilégiait une mécanique robuste et basique sur laquelle on pouvait intervenir sans être obligé d'avoir une valise de contrôle ou un "laboratoire" d'entretien. Complètement boudé par Toyota France qui ne voulait pas l'importer, ce véhicule est arrivé tardivement dans l'Hexagone grâce à l'initiative personnelle de quelques importa-teurs spécialistes du 4x4, comme notam-ment "La Compagnie Saharienne", "Dream Team Car", "4x4 Extrem"...
Quand on examine le coffre et le hayon de ce véhicule on a du mal à imaginer qu’il ait pu un jour transporter quoi que ce soit. Pas la moindre griffure sur l’habillage intérieur, pas la plus petite tâche sur la moquette... À l’instar de l’ensemble du véhicule, le moteur semble tout juste sorti d’usine. Ne cherchez pas, vous n’y trouverez pas la moindre tache de graisse ou de cambouis : Rémy et son chiffon magique sont passés par là !
Même les parties les plus cachées n’ont pas été oubliées par la méticulosité de Rémy : le dessous de caisse d’une blancheur immaculée, la brillance du châssis et des organes mécaniques, tout semble neuf comme au premier jour... Pour rester fidèle à sa philosophie de la collection, toutes les pièces sont d’origine, tels ces amortisseurs qui viennent d’être changés, mais qui sont issus, bien évidemment du réseau Toyota. Pas de fioritures sur les roues : même si les pneus viennent juste d’être changés, ce sont toujours des Dunlop, SP Road Gripper, comme à l’origine. Les jantes n’ont pas la plus petite éraflure ; le moyeu débrayable rappelle qu’on est ici sur un véhicule «basique».
Que ce soit la banquette arrière, les sièges avants ou la sellerie des portes, vous ne trouverez pas le moindre accroc, la plus petite griffure...
Un clone, version light Lorsque le HDJ 80 était encore au catalogue, Toyota, avait créé un clone baptisé HZJ 80. Le but étant de s'affirmer sur les marchés émergents (Afrique, Asie, Moyen Orient) en assurant une fiabilité maximale avec un véhicule "simplifié". D'apparence identique à l'original, le HZJ 80 avait un moteur atmosphérique et il était décliné en plusieurs versions, de la plus basique (tapis en vinyle, sièges en skai, lève-vitres manuels, tableau de bord ultra dépouillé) à la plus évoluée (moquettes, sièges en tissu, vitre électriques, tableau de bord multi options). Selon les modèles et le pays dans lequel il était importé, le HZJ 80 pouvait être équipé de deux portes verticales arrières. Quelles que soient les déclinaisons, le HZJ 80 connu un succès mondial. On le voyait partout : dans de nombreuses entreprises travaillant en milieu hostile, dans divers corps d'armée et dans presque toutes les ONG, tout autour de la planète, dans la savane africaine, sur les pistes défoncées de l'ex-Yougoslavie, dans les dunes du Magrehb, dans les déserts les plus inhospitaliers et sur tous les sites de catastrophes naturelles ou humaines nécessitant l'intervention d'une infrastructure de secours. Lorsque le HDJ 100 a été lancé sur les marchés occidentaux, Toyota a réitéré son concept de clonage avec le HZJ 100, un véhicule qui ressemblait à s'y méprendre au modèle original, mais sans le turbo et surtout sans la débauche d'électronique qui caractérisait le nouveau cheval de bataille de la firme nippone. Autres temps, autres exigences, les prestations du HZJ 100 furent revues à la hausse. La motorisation restait toujours la même, à savoir le six cylindres atmosphérique HZ, mais la chaîne cinématique avait été sérieusement améliorée par Toyota. Mis à part les rapports de ponts et de ceux de la boîte de vitesses, la transmission était identique à l'originale. Les dernières versions étaient équipées de trois différentiels mécaniques (central, avant et arrière), ce qui lui donnait de très appréciables compétences en franchissement. Bien sûr, de par sa taille et sa forme, le HZJ 100 n'était pas taillé pour le trial, mais sur les pistes les plus défoncées, il se tirait très honorablement des pires difficultés. Ce sont d'ailleurs ses performances en franchissement, associées à sa robustesse et sa conception plus basique qui faisait de lui le chouchou de toute une génération de voyageurs au long cours. En plus de sa "transmission de raid", le HZJ 100 était équipé de deux freins à disques supplémentaires à l’arrière, associés à un ABS de dernière génération. En ce qui concerne la puissance et le couple, il est clair que ce n'était pas le point fort de ce véhicule que certains trouvaient un peu "mou", mais il faut savoir ce que l'on veut : dans une logique de raid où les performances routières et les reprises n'ont pas grande importance, ne vaut-il pas mieux favoriser la fiabilité et la sécurité en faisant abstraction du turbo et de toute l'électronique qui accompagne le HDJ 100 ? C'est en tout cas le choix qu'ont fait certains. Il se sont refusés à installer un turbo qui leur aurait fait gagner 60 cv de plus et ils se sont contentés des 130 cv d'origine en évitant de prendre des risques. Cela dit, une fois lancé, le HZJ peut quand même atteindre une vitesse de pointe qui frôle les 160 km/h. C'est largement suffisant pour ne pas s'endormir sur les parcours autoroutiers. Le HZJ a eu le même succès que son prédécesseur à travers le monde. Il occupait encore il n'y a pas si longtemps, une grande partie des ONG et de nombreuses structures administratives ou militaires. Certaines versions ont été équipées de tourelles lance missile ou de mitrailleuses tandis que d'autres on été transformées en ambulances. Comme on peut le constater, le nouveau cheval de trait de Toyota a été largement utilisé sur tous les "fronts"...
 Le 105 de Rémy Ce véhicule a été acheté neuf chez Dream Team Car qui en a assuré l'importation et l'immatriculation. Pour rester fidele à sa philosophie de la collection, Rémy n'a apporté aucune modification à son HZJ. Ce dernier est donc resté dans la même configuration qu'à sa sortie d'usine. Lorsqu'on l'examine de près, force est de constater que ce véhicule est flambant neuf. Pas une éraflure sur la carrosserie qui a toujours son lustre des premiers jours et sa blancheur immaculée. Pas une micro tache de rouille sur les chromes des portières ou de la calandre. Pas une seule tâche de goudron sur le dessous de caisse. Le châssis est d'un noir de geai, ce qui tranche d'autant sur le blanc de la caisse ; le tout est en parfaite harmonie avec les boîtes, les ponts, la ligne d'échappement et tout le bas moteur. Pas une tâche de graisse qui pourrait rompre la brillance omniprésente de l'ensemble. Difficile de croire que ce véhicule s'est engagé un jour sur une route ! On penserait presque qu'il s'agit là d'un véhicule de démonstration qui ne sort jamais de sa vitrine. L'intérieur est aussi nickel que le reste. On y retrouve le même luxe que dans un 100. Nous sommes ici bien loin des sièges en skai et des tapis en plastiques qui équipaient les versions "standard" des premiers 105 destinés aux sociétés de location, aux géologues, aux équipes de forage ou aux militaires. Le 105 de Rémy affiche un confort certain avec de belles moquettes, de superbes sièges en tissu et un très beau tableau de bord qui offre tout ce qui se fait de mieux en équipement. Pas de poignées pour les vitres qui disposent d'un lève-vitre électrique. Même les rétroviseurs extérieurs sont à commande électrique ! Rémy Chauvet 54 ans, ancien navigant Air France, ancien motard et jeune retraité hyper dynamique, il a à son actif plusieurs longs trecks en moto et en solo. Président pendant 18 ans d'une association chargée de convoyer des médicaments et des outils de première nécessité, c'est au volant d'un BJ 43 qu'il a commencé ses premiers voyages humanitaires au Burkina Faso et au Bénin. Par la suite, il a troqué son 43 contre un Hilux de 65 cv. Ce dernier affiche aujourd'hui un peu plus de 280 000 km au compteur. Rémy a fait partie de l'assistance de plusieurs grandes organisations pour des raids comme la Transsaharienne, le Rallye de l'Amitié, et plusieurs raids de Sud Expé. Collectionneur dans l'âme, il possède plusieurs véhicules qui sont en passe de devenir des pièces de musée, de par leur état général qui est proche du neuf, mais aussi parce que ses véhicules sont totalement d'origine... Le chrome des poignées de porte a conservé tout son lustre d’antan et même en y regardant de plus près on n’y trouvera aucune piqure de rouille. Seule entorse à l’origine : les housses en skaï qui épousent à la perfection le galbe des sièges. Même ici, au nouveau de la goulotte de remplissage, vous ne trouverez pas la moindre goutte de gazoil.